mardi 18 mars 2008

Heligo - 01

Il y a une sorte de nuage gris qui ne quittera jamais ce lieu. Un nuage qui n'est pas arrivé là par hasard. Autant de haine, de cruauté et de sadisme concentrés en cette ville. La vie avait abandonné cet endroit. Il n'y restait plus que les pires rebuts de la race humaine. La lumière n'existait plus dans cet endroit. Venez y avec l'espoir et vous en sortirez avec le dégout, si vous pouvez en ressortir. Je ne connaissais que peu de chose à propos de cet endroit. On disait qu'il ne fallait pas s'en approcher, que le diable y avait fait siège en personne et qu'aujourd'hui il n'y restait plus que ses excréments. J'étais curieux alors je me suis dit pourquoi ne pas y aller une petite journée. Je suis allé dans cette ville il y a 2 mois avec un ami, Herne. Il était aussi curieux que moi et il ne voulait surtout pas m'entendre parler d'aller seul dans celle ville. Je n'avais pas vraiment le choix alors j'ai accepté qu'il vienne avec moi. Je regrette aujourd'hui. Au fait, moi c'est Kiel.
Nous ne sommes pas passé par les grandes portes évidemment. Le soleil était presque couché au moment où nous sommes arrivés. Je me demandais comment on allait faire s'il y avait un barrage ou quelque chose de ce genre mais en nous approchant de la ville, on ne voyait aucune présence. Pas un chat. On s'approchait d'une zone industrielle désertée. Il n'y avait toujours rien sur notre route. On se dirigea vers la structure la plus haute de la zone pour mieux repérer les lieux car nous n'avions pas pu trouver de carte de cette ville. C'était une petite tour de six étages. Les portes étaient grandes ouvertes. Un petit courant d'air parcourait l'ensemble de la tour. C'était poussiéreux et il y avait l'air d'y avoir eu beaucoup d'agitation. On alla sur le toit en empruntant les escaliers. Une fois en haut, la porte menant au toit était bloquée. Herne me dit de le laisser s'en occuper. Je redescendais au sixième étage seul pour voir ce qu'il y avait d'intéressant à voir. L'endroit n'était pas très grand, il devait y avoir un peu moins d'une dizaine de pièces autour d'une pièce central avec plusieurs bureaux. Ce n'était pas vraiment ordonné : des feuilles, des affaires de bureau, des ordinateurs et d'autres objets recouvraient le sol. Je ramassais quelques unes des feuilles pour voir ce qu'il y avait d'écrit dessus. Rien d'intéressant, comme toutes la paperasse autour. Pendant ce temps j'entendais Herne frappait la porte. C'était ça qu'il appelait "s'en occuper" apparemment.
Un tiroir de bureau m'intrigua. Il y avait un peu de sang sur le haut du tiroir. Je m'en approchai, j'ouvris le tiroir et je vis quelque chose qui me choquait encore à ce moment là, le bout d'un doigt. Je refermais le tiroir tout de suite. Je commençais à m'approcher de la fenêtre pour prendre un peu d'air mais à ce moment là je vis un reflet sur la vitre qui n'était pas le mien. C'était bien moi mais l'expression de mon visage n'était pas celle que je voyais dans le reflet. J'avais l'air d'être vide de vie et d'espoir. Je fis quelques pas en arrière et j'entendis Herne m'appeler. Je couru vers la porte du toit et une fois arrivé devant, Herne n'y était plus et la porte était ouverte.

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